La différenciation pédagogique, ce n’est pas seulement lors de nos interventions quotidiennes, mais également dans le cadre de nos situations d’apprentissage, où préalablement, une planification tenant compte de ce groupe d’élèves a été faite. Il n’est pas facile de toujours adapter à l’avance nos activités pour ces élèves, surtout quand on a plusieurs élèves en difficulté d’apprentissage dans la même classe avec différents besoins. Il est primordial de penser à ces élèves et parfois de simples adaptations font l’affaire et ne demandent pas plus de temps de préparation pour l’enseignant comme : l’augmentation du temps imparti pour faire une tâche, le soutien à la lecture des consignes, l’utilisation d'un logiciel en écriture pour les dyslexiques (Word Q ou Antidote), remise du texte à l’avance, adaptation du travail à faire, etc.
Certains élèves ont besoin d’une différenciation pédagogique pour le comportement seulement. Tandis que d’autres doivent avoir des activités adaptées à leur niveau, sans toutefois avoir besoin d’évaluations distinctes. Sauf que certains élèves en grande difficulté d’apprentissage ont besoin d’évaluations plus appropriées à leur niveau, et là, c’est de plus en plus difficile à faire.
Auparavant, on pouvait obtenir un bulletin différencié pour ces élèves qui n’avaient pas le même degré d’acquisitions que leurs camarades de classe. Or, depuis l’apparition du tout nouveau bulletin unique, il est de plus en plus difficile d’obtenir le droit d’utiliser un bulletin différencié! Selon Éric Gingras, du Syndicat de Champlain, pour qu’un élève puisse bénéficier d’un tel « avantage », il doit être en grande difficulté d’apprentissage en français et en mathématiques, sans quoi, il devra être noté comme ses pairs qui n’éprouvent pas de difficulté dans l’une ou l’autre de ces matières. En plus, l’élève qui a droit à ce bulletin différencié doit avoir été préalablement identifié HDAA et son plan d’intervention doit spécifier une telle différenciation quant aux évaluations.
Qu’est-ce qu’on fait alors avec les élèves à risque? On attend qu’ils soient en retard d’apprentissage de plus de deux ans en français et en mathématiques… Ça n’a pas de sens! Ils devraient, eux aussi, avoir droit à un bulletin différencié, ne serait-ce que pour une matière. Vous imaginez tous les élèves cette année qui recevront une note extrêmement basse comparativement à l’an dernier, car désormais, il n’y a plus de différenciation si les élèves ont seulement de la difficulté en mathématiques ou en français? Qui a voté ça? Le gouvernement bien sûr, mais qui a fait des pressions sur ce gouvernement pour qu’il mette en place de telles mesures? Ah oui, j’y suis… La Fédération des comités de parents du Québec qui se mêle encore une fois d’éducation. Remarquez, je n’ai rien contre les parents qui s’impliquent dans la scolarisation de leurs enfants, au contraire! Peut-on simplement tenir compte un peu plus de l’avis des professionnels en la matière, c’est-à-dire les enseignants, surtout en ce qui attrait au domaine de l’évaluation, et laisser les autres électeurs se préoccuper de ce qui les concernent?
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