jeudi 8 mars 2012

La motivation des élèves du primaire lors de leur passage au secondaire

Affiche conçue dans le cadre de notre cours d'Initiation à la recherche (FPE 4952).
Récipiendaire d'un prix pour la relève lors du concours de vulgarisation scientifique 2012 de l'ADEESE.

S’approprier la réalité pluriethnique de la société québécoise et de l’école montréalaise, se sentir réellement concerné dans ses actions pédagogiques, développer les compétences de l’éducation interculturelle.

Le choc des cultures

J’entre tout doucement en tournant légèrement la poignée en sens horaire pour ne pas déranger l’enseignante qui gesticule comme une marionnette en avant de la classe. Plusieurs enfants sont fascinés, bouches béantes, tentant de comprendre le jargon du pantin en avant.

- Salut Barbara! Du tac au tac, Barbara en harmonie avec ses élèves me répondent :
- Bonjour Philippe! Excellent, j’adore quand les élèves ont été prévenus de mon arrivée.

Plus je commence à me présenter, à expliquer le projet, plus les élèves me posent des questions et plus j’en suis ravi! Non pas de me faire interroger, mais bien d’entendre tous ces accents du monde réunis devant moi, dans ce tout petit local à saveur international.

Cette microsociété pluriethnique était à l’image du grand Montréal, mais ici même, dans le Vieux-Longueuil. Ça sentait le respect, ça sentait la reconnaissance, l’envie de connaître une autre langue, d’apprendre une nouvelle culture. Ce fut ma première rencontre avec une classe d’accueil.

Je me rappellerai toujours de notre première lecture en groupe. Je n’ai jamais entendu plus belle mélodie. Entendre une scène de l’époque coloniale de la Nouvelle-France interprétée par des élèves immigrants, c’était le meilleur casting que j’eusse jamais fait! N’était-ce pas là la plus belle manière de faire connaître notre histoire à ces nouveaux arrivants? Les discussions qui ont suivi étaient également des plus savoureuses. Les comparaisons entre leurs cultures et la nôtre, les ressemblances et les différences, c’était l’éducation interculturelle.

-Pourquoi-ci, pourquoi-ça monsieur Philippe??? Chez nous, c’est pas comme ça…
- Chez nous, c’est chez vous!

Les classes d’accueil, c’est un autre monde.
Un autre monde : les Lycées français

Au Panama, où j’ai fait mon troisième stage, j’étais dans une classe de maternelle en grande section. Le quart de la classe était représenté par des élèves d’origine française, tandis que l’autre trois quarts appartenait à un joyeux mélange du Panama et de plusieurs autres pays… Plusieurs hispanophones était là en immersion française et découvrait non seulement un nouveau système scolaire, mais une nouvelle langue et une autre culture… Sans oublier le grand québécois barbu qui parlait un dialecte étrange!?

Une chose est sûre, c’est qu’ils en ont appris sur le Québec : le projet Félix Leclerc, les vidéos que nous avions tournées durant l’automne et l’hiver sur la géographie, l’histoire, l’alimentation, la musique, les sports et plus encore… Nous avons fait une matinée cabane à sucre avec notre or liquide : le sirop d’érable. Les sourires sucrés qu’il y avait après ces petites bouches-là, ça valait quelques litres. Les regards fascinés à la suite d’un conte québécois, les rires pendant la fête de l’eau…

Tant de beaux souvenirs à jamais gravés dans ma mémoire. Je n’ai pas seulement été intégré à la culture panaméenne, mais également à ma nouvelle famille française qui nous a accueillie à bras ouverts. Les échanges sur leur pédagogie et la nôtre furent des plus constructifs. Ce fut, encore une fois, l’éducation interculturelle au sens pur!