jeudi 8 mars 2012

Adapter ses interventions aux besoins et aux caractéristiques des élèves présentant des difficultés d’apprentissage, d’adaptation ou un handicap.

La différenciation pédagogique, ce n’est pas seulement lors de nos interventions quotidiennes, mais également dans le cadre de nos situations d’apprentissage, où préalablement, une planification tenant compte de ce groupe d’élèves a été faite. Il n’est pas facile de toujours adapter à l’avance nos activités pour ces élèves, surtout quand on a plusieurs élèves en difficulté d’apprentissage dans la même classe avec différents besoins. Il est primordial de penser à ces élèves et parfois de simples adaptations font l’affaire et ne demandent pas plus de temps de préparation pour l’enseignant comme : l’augmentation du temps imparti pour faire une tâche, le soutien à la lecture des consignes, l’utilisation d'un logiciel en écriture pour les dyslexiques (Word Q ou Antidote), remise du texte à l’avance, adaptation du travail à faire, etc.

Certains élèves ont besoin d’une différenciation pédagogique pour le comportement seulement. Tandis que d’autres doivent avoir des activités adaptées à leur niveau, sans toutefois avoir besoin d’évaluations distinctes. Sauf que certains élèves en grande difficulté d’apprentissage ont besoin d’évaluations plus appropriées à leur niveau, et là, c’est de plus en plus difficile à faire.

Auparavant, on pouvait obtenir un bulletin différencié pour ces élèves qui n’avaient pas le même degré d’acquisitions que leurs camarades de classe. Or, depuis l’apparition du tout nouveau bulletin unique, il est de plus en plus difficile d’obtenir le droit d’utiliser un bulletin différencié! Selon Éric Gingras, du Syndicat de Champlain, pour qu’un élève puisse bénéficier d’un tel « avantage », il doit être en grande difficulté d’apprentissage en français et en mathématiques, sans quoi, il devra être noté comme ses pairs qui n’éprouvent pas de difficulté dans l’une ou l’autre de ces matières. En plus, l’élève qui a droit à ce bulletin différencié doit avoir été préalablement identifié HDAA et son plan d’intervention doit spécifier une telle différenciation quant aux évaluations.

Qu’est-ce qu’on fait alors avec les élèves à risque? On attend qu’ils soient en retard d’apprentissage de plus de deux ans en français et en mathématiques… Ça n’a pas de sens! Ils devraient, eux aussi, avoir droit à un bulletin différencié, ne serait-ce que pour une matière. Vous imaginez tous les élèves cette année qui recevront une note extrêmement basse comparativement à l’an dernier, car désormais, il n’y a plus de différenciation si les élèves ont seulement de la difficulté en mathématiques ou en français? Qui a voté ça? Le gouvernement bien sûr, mais qui a fait des pressions sur ce gouvernement pour qu’il mette en place de telles mesures? Ah oui, j’y suis… La Fédération des comités de parents du Québec qui se mêle encore une fois d’éducation. Remarquez, je n’ai rien contre les parents qui s’impliquent dans la scolarisation de leurs enfants, au contraire! Peut-on simplement tenir compte un peu plus de l’avis des professionnels en la matière, c’est-à-dire les enseignants, surtout en ce qui attrait au domaine de l’évaluation, et laisser les autres électeurs se préoccuper de ce qui les concernent?

Évaluer la progression des apprentissages et le degré d’acquisition des compétences des élèves pour les contenus à faire apprendre.

La formation des futurs enseignants nous habilite à découvrir l’outil indispensable qu’est le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ). Il est vrai que depuis le début du bac, nombreux sont les cours où les professeurs nous poussent lors d’activités ou de travaux de session, à se servir du PFEQ comme outil de référence. « Vous allez voir, il faut le connaître comme le fond de votre poche… » « C’est votre lecture de chevet pour les quatre prochaines années… » « Tout est là! »
Or, cette bible de l’enseignement est-elle vraiment le seul texte sacré en enseignement? Peut-être était-ce le cas en 2008, lors de notre entrée au bac, mais depuis la parution de la Progression des apprentissages, le PFEQ a perdu des plumes…
Mais comment se fait-il alors qu’aucun cours ne nous ait habilité à travailler avec cet ouvrage indispensable quant à l’évaluation des élèves? Presque plus personne dans le milieu scolaire ne se sert du bon vieux PFEQ! Tous ne jurent que par leur nouveau testament : la Progression des apprentissages! Alléluia!!!

Bon, je généralise peut-être un peu… Le PFEQ ne doit pas choir sous la patte d’une table, loin de-là. Primo, il est beaucoup trop épais pour servir de nivélateur. Deuxio, je l’utilise fréquemment dans le cadre de ma pratique afin de concevoir des situations d’apprentissage qui visent directement une ou plusieurs compétences.

« Le 24 août 2009, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport mettait en ligne la Progression des apprentissages pour les programmes du primaire. » (MELS, 2009) C’est une ressource indispensable pour l’évaluation des matières scolaires, indiquant chaque connaissance que l’élève doit apprendre, du moment où elle doit être enseignée jusqu’à son appropriation complète par l’élève. C’est un document axé sur les connaissances à acquérir dans le temps, plutôt que les compétences. Depuis la réforme, des réformes, des réformes, le gouvernement n’avait d’autre choix que d’outiller plus adéquatement les enseignants avec des indices de corrections mieux adaptés à l’évaluation des connaissances. Elles avaient peut-être été mises de côté par certains lors de l'apparition du PFEQ mais n'auraient pas dû puisqu'elles sont essentielles aux compétences. N’en demeure pas moins qu’il aurait été intéressant de s’attarder davantage à la Progression des apprentissages dans le cadre de notre formation, notamment dans le cours d’évaluation des apprentissages au primaire!

Pour ce qui est des notes chiffrées pour évaluer des compétences et du tout nouveau bulletin unique, ça, c’est un autre débat…